Projets

Les Peuples d’azur

Nouvelle inachevée • Actuellement : 9733 mots 

Un érudit Français du XVIIIème siècle entend parler de mystérieuses peuplades vivant aux larges de la Nouvelle Hollande – l’actuelle Australie. Intrigué par la technologie des indigènes, qui semble tout à fait inhabituelle pour l’époque, il décide de mener l’enquête. Le savant veut se rendre sur place, mais n’ayant ni moyen, ni relation, il s’embarque clandestinement sur un navire corsaire…

Au moment où j’embarquai sur le Sans-Pareil, cela faisait des mois, je dois l’avouer, que le Premier consul refusait de me voir. Mais commençons par le début.

Je m’appelle Joseph Hyacinthe Duvernois et ma vie se résume en ces mots : velléité, remord, défaite.

La dernière lettre que je reçus du cabinet de Bonaparte était en date du 18 prairial, an 9 de la République – comme on disait à l’époque. Sèche, lapidaire, elle m’informait que jamais, ô grand jamais, l’or du nouveau régime ne financerait mon expédition, et que j’étais prié, au nom du ciel, de cesser de leur soumettre mes idées « toutes plus grotesques les unes que les autres ». – Les bureaucrates n’ont pas de coeur. –

Certains disent que je suis un scientifique. Je l’ai moi-même pensé, fut un temps, mais je renonce aujourd’hui à ce titre que j’ai trop souvent souillé de mes erreurs. Ce modeste manuscrit sera le support de mes excuses, de ma rédemption, et s’il se trouve ne serait-ce qu’un lecteur pour bien vouloir s’y pencher, alors ce ne sera pas en vain que j’y aurais couché mon histoire.

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L’Oeil du Spectre

Roman inachevé • Actuellement : 13 838 mots

Jérémie Noisetier, adolescent attardé mi-geek mi-dépressif, passe toutes ses nuits à chasser les fantômes. Armé de caméras et de détecteurs EMF, il écume les cimetières, les ruines, les bâtiments abandonnés… Sa famille, circonspecte, le pousse à commencer une thérapie.

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À vrai dire, Jérémie ne dégageait pas précisément une impression de sérieux. C’était un cliché ambulant : le cliché de l’adolescence. Bien qu’il eut l’âge de porter la laisse des travailleurs – autrement appelée « cravate » –, il s’habillait de sweat shirts et de vieilles chemises à carreaux, ouvertes et débraillées, toujours trop grandes pour lui. Mince, il était haut de taille, ce qui n’empêchait pas ses traits enfantins, ses doux traits de garnement, de lui faire perdre toute contenance dès lors qu’il essayait de passer pour un adulte. Sa crinière, de même, n’était pas sans le rajeunir : il avait une longue chevelure blonde, touffue, désordonnée, qui ondulait dans l’anarchie la plus totale jusqu’au bas de ses clavicules. Une casquette défraichie contenait sa tignasse vers l’arrière – au moins, il n’avait pas de mèches dans les yeux. Cette casquette, évidemment, il la portait à l’envers, et même s’il avait conscience que tout son accoutrement était un brin surfait, un brin caricatural, il aimait, au fond, se croire tout droit sorti d’une sitcom américaine.

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Celui qui ne voulait pas

Roman achevé • 100 480 mots • En cours de remaniement 

Au temps lointain de la féodalité, un jeune bâtard du nom de Laurenç reçoit en héritage une lignée et une guerre dont il ne veut pas. Se refusant à prendre les armes pour une cause qui n’est pas la sienne, il s’exile avec une poignée de fidèles, qui tâcheront cependant de le faire revenir à la raison. Si Laurenç ne ceint pas la couronne, alors son peuple, livré en pâture aux soldats du Roi de France, est voué à l’extinction…

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Et puis, enfin, après un léger temps de latence, entra le dernier des trois bâtards. C’était un frêle garçon, tout de gris vêtu, débraillé. Quand il passa à la lumière des bougies, on vit surgir de l’ombre son jeune visage, – jeune et pourtant si dur. Il arborait d’anguleuses mâchoires, très larges ; des pommettes saillantes ; et une bouche si nette, si précise, qu’on la croyait, à même la chair, taillée au scalpel. La tête légèrement inclinée, des mèches dans les yeux, il harponna la Comtesse d’un regard défiant.

— Bonjour Laurenç ! s’exclama-t-elle avec sévérité, comme pour astreindre le deuxième de ses fils à un peu plus de tenue.

Et néanmoins, il ne répondit pas, laissant planer sur l’assistance un silence pesant. Finalement, il frissonna avant d’aller s’installer près des rayonnages, sur lesquels il s’accouda presque aussitôt. Pendant que les autres se saluaient platement, Laurenç, de son côté, tira les manches de sa tunique jusqu’à ce que ses mains soient à demi-recouvertes de laine. Comme toujours, il avait froid.

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