Pourquoi j’aime Lovecraft

La plupart des inconditionnels d’Howard Phillips Lovecraft l’admirent pour ses histoires d’épouvante, pour son univers fait d’anciens dieux et d’entités tentaculaires. Même si j’apprécie le ton pour le moins macabre des récits d’HPL, Cthulhu et Nyarlathotep me laissent froid, et pour tout dire, l’oeuvre du maître de Providence ne me fait pas vraiment peur. Si elle me met mal à l’aise dans un premier temps, je la trouve, dans un second temps, proprement réjouissante ; et voilà mon sujet du jour : le caractère réjouissant de la littérature d’Howard Phillips Lovecraft.

En projet : Les Chroniques de Suxley Island

Tandis que mon recueil Nuits grises : histoires tristes et macabres parait cette semaine, il est temps que je m’attelle à un projet qui depuis longtemps me tient à coeur : Les Chroniques de Suxley Island. Le titre est provisoire, tout reste à faire, ou presque ; j’aimerais cependant vous parler de cette idée, qui, si le démon des écrivains est avec moi, débouchera sur une série de courts romans.

L’action se passe sur une île inventée de l’archipel anglo-normand : Suxley Island, dont votre serviteur a griffonné la carte en tête de cet article. L’époque à laquelle se déroule le récit n’est pas encore déterminée ; disons, entre 1870 et 1930. Il sera question d’enquêtes en tout genre, y compris paranormales, de meurtres, de vengeance, d’idéaux impossibles… Mais trêve de clavardage, voici du concret.

Il est absurde d’opposer pop culture et culture classique

Je suis tombé l’autre jour sur un tweet indigné – pléonasme – reprochant à l’émission La Grande Librairie d’être trop élitiste, trop bourgeoise, trop dédaigneuse de la pop culture et de la littérature jeunesse. Quoi qu’on en pense, ce tweet, de nombreuses fois partagé, m’a fait réfléchir. Pourquoi cette opposition entre culture bourgeoise et culture populaire ? Et surtout, pourquoi les gens se sentent-ils obligés de prendre parti ? Les tenants de la culture classique accusent les adeptes de la culture populaire d’être des débiles congénitaux, biberonnés au mode de vie américain. Ceux-là répondent qu’ils n’ont que faire d’une culture arrogante, élitiste, intellectuelle et pour ainsi dire : prout-prout. La ligne de démarcation est tracée, les deux camps se font face. Comme toujours dans ce genre de situation, l’absurdité n’est pas loin – c’est ce que je me propose de démontrer ici.