L’élégance masculine

Je vous ai souvent parlé de mon amour pour l’Histoire, pour la peinture, pour la sculpture ; j’ai partagé avec vous, sur ce blog et sur mes réseaux sociaux, de nombreuses oeuvres d’art de toutes les époques… Mais je ne m’étais jamais ouvert en public de cette passion bizarre qui est aussi la mienne : l’élégance masculine. En 2019, porter costumes et cravates, souliers et pardessus, le tout sans y être obligé, et sans occasion particulière, a de quoi susciter l’étonnement, sinon la moquerie. Eh bien, je suis un geek du vêtement. C’est un aveu. Au fond de ma campagne, je m’habille comme personne ne s’habille et je frémis quand je vois une cravate sans goutte. Je ne sais pas trop quand ça m’est venu. Il y a encore quelques années, je n’avais qu’un seul critère dans le choix de mes vêtements : le confort. Même si j’accorde une importance excessive à l’esthétique de manière générale, j’ai longtemps méprisé le sempiternel costard, symbole de l’homme politique, symbole du banquier, de l’employé, affublés d’habits qui ne leur ressemblent pas, et qu’ils portent trop grands… Et puis un jour, une sorte de révélation. Peut-être à cause de Max Raabe, de la série Suits, peut-être à cause de Downton Abbey, ou de Leyendecker avec ses incroyables illustrations. Toujours est-il que j’ai pris mon courage à deux mains et que j’ai franchi le pas.

Entretien avec S. J. Hayes

Voilà longtemps que l’idée me trottait dans la tête. Une série d’entretiens avec les auteurs du web et d’ailleurs. L’occasion de discuter littérature, mais aussi méthodes de travail, goûts personnels, engament – ou dégagement – politique… L’occasion, surtout, de promouvoir l’édition indépendante. Aujourd’hui, j’accueille S. J. Hayes, alias Jeanne, auteur de Nocture, une romance paranormale. C’est l’histoire d’un ange et d’une démone que tout oppose ; leurs peuples sont en guerre ; ils tombent amoureux.

J’avoue que la romance n’est pas mon genre de prédilection ; c’est pourquoi il m’intéresse ; parce qu’au fond, je ne le connais pas. Suivent quelques considérations sur la littérature de genre, le kitsch, la respectabilité, la narratologie, ainsi qu’un bref aperçu des projets de S. J. Hayes pour l’année qui s’annonce ! Vous trouverez à la fin de cet article les liens vous permettant de la suivre sur les réseaux sociaux et d’acheter ses livres. Faites-le, elle le mérite. 

Du style, sinon rien

Si vous me lisez régulièrement ou que vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous savez que j’aime les fortes identités stylistiques. J’aime qu’on puisse reconnaître un écrivain à la façon dont il tourne ses phrases. C’est pourquoi je suis chagriné de voir que la notion de style est peu à peu abandonnée par nombre d’auteurs contemporains. J’ai l’impression que triomphe aujourd’hui une prose minimaliste dont l’objectif est de narrer le récit sans artifice. Je me souviens que Christine Angot déclarait sur je ne sais plus quel plateau de télévision que son « style » était comparable à un timbre poste : c’est-à-dire, le strict minimum pour que le message arrive à destination, pour que le texte soit compris. Eh bien moi, je crois que la littérature ne se résume pas à un service postal et je pense que l’objet de l’art n’est pas simplement de transmettre des informations. Suivent quelques arguments en faveur du style avec grand -S, que certains tiennent déjà pour un reliquat de l’ancien temps.